Née à la fin du communisme – L’histoire d’une génération entre deux mondes

🌍 Être née entre deux mondes

Je pense souvent à ce que ça veut dire, être née entre deux mondes.
Pas tout à fait d’hier, pas complètement d’aujourd’hui.
Assez jeune pour ne pas comprendre le communisme, mais assez vieille pour en avoir respiré les derniers jours.

Je suis née en 1987, à Dobritch, en Bulgarie.
Une époque étrange : les gens vivaient encore sous le poids du passé, mais un vent nouveau commençait déjà à souffler.
On parlait doucement, on espérait sans trop y croire.
Et pourtant, même dans la grisaille, il y avait de la tendresse, de la lumière, des rires d’enfants entre les blocs.

J’ai grandi dans un petit appartement du sixième étage.
Une seule chambre, beaucoup d’amour, et l’odeur de la soupe au poivron.
Mon univers, c’était ma baba Tochi, mon dyado, ma mama et ma Lela.
On manquait de tout, sauf de chaleur humaine.


🏠 Le sixième étage de mon enfance

Quand j’écris, je ferme les yeux et j’y retourne.
Le bruit du vieil ascenseur.
Le néon du couloir qui clignote.
Le balcon rouillé avec vue sur les toits jaunes.
Tout est là, encore.

Ces souvenirs, je les garde comme des trésors :
le parfum du linge mouillé,
la voix de ma grand-mère,
le rire de ma tata,
et le silence bienveillant de mon grand-père.

C’est là que j’ai appris la débrouille, la loyauté, la force tranquille.
C’est là que j’ai compris que la pauvreté n’empêche pas la richesse du cœur.


✈️ Quitter la Bulgarie : l’exil avant les guerres

En 1996, ma vie a basculé.
J’ai quitté la Bulgarie pour le Luxembourg.
J’avais neuf ans.

Je ne savais pas encore que je venais de laisser derrière moi un monde qui allait disparaître.
Quelques années plus tard, les Balkans s’embraseraient, les frontières changeraient, les visages aussi.
Moi, je partais avant tout ça, avec dans ma valise une poupée, quelques photos et l’odeur de ma maison.

Arriver en Europe centrale, c’était comme changer de planète.
Tout était propre, ordonné, silencieux.
Mais au fond de moi, j’entendais encore le cliquetis du bloc et les voix du sixième étage.


🌫️ Une génération qui s’adapte, toujours

Ma génération, celle des enfants des années 80 et 90 nés à l’Est, a grandi dans le passage.
Nous avons vu tomber un monde, sans savoir comment en bâtir un autre.
On nous disait : « maintenant, vous êtes libres ».
Mais personne ne nous avait appris à vivre avec cette liberté-là.

Alors on a appris seuls.
À parler d’autres langues.
À sourire même quand on ne comprenait pas tout.
À s’intégrer sans déranger.
À exister en silence.

On s’est adaptés. Toujours.
Parce que c’est ce qu’on nous a appris dès le berceau : s’adapter pour survivre.


💬 Pourquoi j’écris Née à la fin du communisme

J’écris ce livre pour ma génération oubliée — celle qui a grandi entre deux époques, deux systèmes, deux réalités.
J’écris pour raconter l’enfance derrière le rideau de fer, les rêves dans les blocs, et les départs qui changent tout.

Je veux qu’on se souvienne de ce que c’était, d’être un enfant de l’Est avant Internet, avant l’Europe unie, avant le confort moderne.
Je veux qu’on sente encore les odeurs de lessive, les poivrons grillés, la poussière chaude des étés bulgares.

Ce livre, c’est ma manière de dire :

Et peut-être que toi non plus.


🌾 Née à la fin du communisme – un voyage intime entre passé et présent, entre l’Est et l’Ouest, entre la petite fille que j’étais et la femme que je suis devenue.

Deci J 💛

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