Je ne sais même pas vraiment par où commencer. Parce que Les Dévorés, ce n’est pas juste une trilogie que j’ai écrite. C’est une histoire que j’ai portée longtemps. Une histoire qui m’a parfois vidée, parfois obsédée, parfois même fait douter de moi. Et aujourd’hui… elle est complète. Il n’y a plus de “suite à écrire”, plus de scènes à corriger, plus de personnages à faire évoluer. Juste… cette sensation étrange de laisser partir quelque chose qui a pris énormément de place en moi.
Au départ, Les Dévorés, c’était une envie très simple : écrire une dark romance différente. Pas une histoire “jolie”, pas une histoire qui adoucit tout, pas une romance qu’on consomme et qu’on oublie. Je voulais écrire quelque chose de plus brut. Quelque chose qui dérange un peu. Quelque chose qui reflète une part de réalité qu’on préfère souvent ignorer parce qu’elle est trop sombre, trop injuste, trop violente.
Reen… lui, il n’a jamais été un personnage facile. Ce n’est pas le genre d’homme qu’on idéalise. Ce n’est pas le héros propre, lisse, rassurant. C’est un homme marqué. Un homme qui a vécu des choses qu’aucun enfant ne devrait vivre. Et forcément, ça laisse des traces. Dans sa façon d’aimer. Dans sa façon de réagir. Dans sa manière de voir le monde. Reen, c’est quelqu’un qui a été brisé très tôt… et qui a dû apprendre à survivre avec ça.
Et c’est exactement ça, le cœur de cette trilogie : la survie. Pas la survie héroïque, pas la survie romantisée. La vraie. Celle qui est sale, compliquée, imparfaite. Celle où on fait des erreurs. Celle où on devient parfois quelqu’un qu’on n’avait jamais imaginé être. Parce que quand on a grandi dans la violence, dans l’abandon, dans l’exploitation… on ne ressort pas indemne. On avance comme on peut, avec ce qu’on a.
Dans Les Dévorés, j’ai parlé de choses qui ne sont pas faciles à écrire. De l’enfance volée. De ces enfants qu’on ne protège pas. Qu’on exploite. Qu’on vend. De ces réalités qui existent, même si on préfère détourner le regard. Ce n’était pas confortable. Ce n’était pas “agréable”. Mais c’était nécessaire pour moi de le faire. Parce que derrière la dark romance, il y a aussi cette envie de raconter quelque chose de vrai.
Et plus j’avançais dans l’écriture, plus je me rendais compte que cette histoire allait plus loin que ce que j’avais prévu au départ. Elle devenait plus personnelle. Plus intime. Surtout dans le dernier tome. Parce que là, je ne parle plus seulement d’un univers ou d’un personnage. Je touche à quelque chose qui me concerne directement. Mon propre pays. La Bulgarie. Une partie de mon histoire, de mes racines, de réalités que je connais, que j’ai vues, ou dont j’ai entendu parler.
Alors forcément, écrire ce dernier tome n’a pas été comme écrire les autres. Il y avait autre chose. Plus de poids. Plus de responsabilité aussi. Parce que je ne voulais pas juste raconter une histoire. Je voulais le faire avec respect. Avec justesse. Même si ça reste une fiction, même si ça reste un roman, il y a des morceaux de réel dedans. Et ça, on ne peut pas l’écrire à la légère.
Les Dévorés, ce n’est pas une lecture “confort”. Ce n’est pas une histoire douce. Ce n’est pas une romance qui rassure. Mais c’est une histoire qui, je l’espère, marque. Qui laisse quelque chose après la dernière page. Parce que malgré tout ce qu’il y a de sombre, il y a aussi cette question : est-ce qu’on peut se reconstruire après avoir été détruit ? Est-ce qu’on peut encore aimer quand on a appris à survivre avant tout ?
Aujourd’hui, la trilogie est terminée. Et je crois que j’ai encore du mal à réaliser. Il y a un mélange de fierté, de vide, de soulagement et de nostalgie. Parce que dire au revoir à des personnages comme ça… ce n’est jamais simple.
Mais si tu cherches une dark romance différente, plus brute, plus vraie, plus dérangeante parfois… alors peut-être que Les Dévorés est faite pour toi 🖤

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