À force de recevoir vos messages… j’ai fini par me poser la question sérieusement. Parce que ce n’est pas juste une fois, ou deux. C’est tout le temps. Vous venez me parler de lui, vous revenez sur lui, vous me dites qu’il vous a marquées, parfois même plus que tous les autres. Et à un moment, j’ai eu besoin de comprendre. Pas en surface, pas avec une réponse toute faite. Vraiment comprendre pourquoi, parmi tous les personnages masculins que j’ai pu écrire, c’est Reen qui vous reste autant, celui qui vous suit encore une fois le livre refermé. Alors j’ai posé ça à plat. J’ai pris du recul. Et j’ai essayé de mettre des mots sur ce que vous ressentez.




Reen, ce n’est pas un personnage qu’on aime facilement. Il n’est pas là pour rassurer, il ne dit pas ce qu’on a envie d’entendre, il ne fait pas les bons choix au bon moment. Il a même cette capacité à tout faire dérailler alors que, pour une fois, quelque chose pourrait aller bien. Et pourtant… malgré tout ça, c’est lui qui accroche. Pas comme un coup de cœur évident, mais comme quelque chose de plus profond, de plus dérangeant aussi. On ne s’attache pas à lui parce qu’il est parfait. On s’attache à lui parce qu’il est impossible à ignorer.
Je crois que ce qui touche avec Reen, c’est qu’il ne donne jamais l’impression de jouer un rôle. Il ne cherche pas à plaire. Il ne cherche même pas vraiment à être compris. Il avance comme il peut, avec ce qu’il est, avec ce qu’il traîne, avec ce qu’il n’a jamais réussi à laisser derrière lui. Et ça se sent. Ça se sent dans ses silences, dans ses réactions, dans ses erreurs surtout. Parce que chez lui, rien n’est gratuit. Même quand il fait mal, même quand il détruit quelque chose, il y a toujours une raison qui dépasse juste le “il est comme ça”.
Reen, c’est quelqu’un qui a été abîmé beaucoup trop tôt. Quelqu’un qui a grandi sans les repères qu’on est censé avoir, sans cette base qui permet ensuite de construire quelque chose de stable. Et quand on enlève ça à quelqu’un, on ne le “répare” pas avec de l’amour, ni avec du temps. On apprend juste à survivre autrement. Et lui, sa manière de survivre, elle n’est pas belle. Elle est dure, maladroite, parfois violente émotionnellement. Mais elle est cohérente avec ce qu’il a vécu. Et c’est ça qui le rend crédible, presque trop réel.
Alors oui, il repousse. Oui, il fuit. Oui, il donne l’impression de s’en foutre ou de ne penser qu’à lui. Mais en réalité, ce n’est pas de l’indifférence. C’est une protection. Une mauvaise, une destructrice, mais une protection quand même. Parce qu’au fond, Reen est persuadé d’une chose : qu’il n’est pas fait pour être heureux. Et quand on part avec cette idée-là, tout change. On n’accueille pas l’amour de la même manière. On ne fait pas confiance. On ne reste pas quand ça devient sérieux. On sabote avant que ça nous échappe.
Et je pense que c’est là que vous le ressentez le plus. Parce que même quand vous avez envie de lui en vouloir, même quand vous avez envie de le secouer, il y a toujours ce moment où vous comprenez. Pas forcément ce qu’il fait, mais pourquoi il le fait. Et ça crée quelque chose de très particulier. Une forme d’attachement qui n’est pas confortable, mais qui est forte. Une envie de le voir s’en sortir, même quand lui-même n’y croit pas.
Reen ne protège pas comme on l’imagine. Il ne fait pas de grands discours, il ne promet rien, il ne rassure pas. Il protège en prenant de la distance, en encaissant seul, en se faisant passer pour quelqu’un de pire qu’il ne l’est vraiment. Il préfère être celui qu’on déteste plutôt que de risquer de faire du mal à ceux qu’il aime. Et forcément, vu de l’extérieur, ça ressemble à de l’égoïsme. Mais quand on regarde vraiment… c’est tout l’inverse.
C’est aussi pour ça qu’il laisse une trace différente. Parce qu’il ne correspond pas à ce qu’on attend. Il ne rentre pas dans une case. Il n’est ni totalement “aimable”, ni totalement “détestable”. Il est entre les deux, en permanence. Et ça, ça marque plus que n’importe quel personnage lisse. Parce que dans la vraie vie, les gens ne sont pas simples non plus. Ils sont contradictoires, imparfaits, parfois blessants sans le vouloir. Et Reen, il reflète ça sans filtre.
Ce n’est pas le genre de personnage qu’on choisit. C’est le genre de personnage qui s’impose. Celui qui reste dans un coin de la tête, qui revient sans prévenir, qui fait réfléchir après coup. Celui qu’on n’oublie pas parce qu’il nous a fait ressentir quelque chose de trop fort pour disparaître.
Et si je suis honnête avec vous… je crois que c’est pour ça que vous revenez toujours vers lui. Pas parce qu’il est “idéal”. Mais parce qu’il est vrai. Brut. Abîmé. Et profondément humain, même dans ses pires moments.
Alors dis-moi… Reen, tu l’as compris tout de suite ? Ou est-ce que c’est le genre de personnage qui t’a fait mal avant que tu réalises pourquoi il t’avait autant touchée ? 🖤

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